La coquille comme symbole de Saint Jacques de Compostelle
Bien avant de devenir un signe de reconnaissance du pèlerin de Saint Jacques de Compostelle dès le début du XIIème siècle , la coquille fut dans l'Antiquité le symbole de l'amour(Vénus représentée dans une coquille), puis utilisée en guise d'ornement ou d'offrande mortuaire à l'époque mérovingienne.
Ces animaux sont des mollusques à coquille bivalve qui appartiennent à la famille des pectens, très nombreux dans les eaux de Galice. Les premiers pèlerins prirent l'habitude de rapporter chez eux, souvent cousue à leur habit ou leur chapeau, une coquille , comme un trophée, preuve de leur pèlerinage. La forme de la coquille, deux valves réunies en forme de main ou de doigt, représente les deux préceptes d'amour de Dieu plus que tout et de son prochain comme soi-même.Dans le sermon « Veneranda dies » issu du Codex Calixtinus,elle symbolise les bonnes œuvres s'épanchant de la main ouverte.
L'usage de la coquille se généralisa, et par la suite devint un attribut de tout pèlerinage.Dès le XIII ème siècle, les évêques de Compostelle autorisèrent les marchands situés sur la place de la Cathédrale à vendre des coquilles ou des reproductions en étain ou en plomb.On en retrouve la représentation sur des blasons et armoiries,des linteaux de portes pour indiquer des auberges ou maisons de pèlerins.
Dans le second livre du Codex, " De miraculis Sancti Jacobi", la coquille est par deux fois assimilée à la force miraculeuse de Saint Jacques:au contact d'une coquille ramenée par un pèlerin,un chevalier fut guéri d'un énorme goitre dont il souffrait,et un prince fut sauvé des eaux et en sortit tout recouvert de coquilles après avoir invoqué Saint Jacques.